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LE BLUFF AU POKER
Au jeu de poker, un bluff consiste à miser comme si l'on possédait une main différente de celle que l'on détient réellement. L'objectif étant de laisser croire que l'on a un bon jeu alors que l'on détient une main faible ou, de laisser penser que l'on a une petite main alors que l'on possède un bon jeu.

Dans le premier cas, le but est de remporter le coup malgré une main faible. Pour cela, il faut miser suffisamment pour faire passer les adversaires. En espérant qu'ils ne disposent pas de très bonnes mains qui les amènent à coller ou relancer nos mises pour nous faire perdre le coup au final.

Dans le second cas, l'objectif est de miser faiblement malgré une main forte afin d'attirer les autres joueurs dans le coup et leur soutirer un maximum d'argent au final.

Un bluff bien mené, ce sont des mises bien senties. Ni trop fortes, ni trop faibles pour ne pas éveiller les soupçons. C'est aussi une question d'attitude qui doit correspondre à celle que l'on a si on détient une main équivalente à la valeur de notre bluff. Au bluff comme pour tout coup de poker, il faut savoir dominer ses émotions pour ne pas être trop transparent vis-à-vis des autres joueurs.


EXEMPLE REEL D'UN BLUFF PERDU

Saison 6 : table finale du WPT Doyle Brunson Five Diamonds World Poker Classic.

Ryan Daut, très short stack, est déjà sorti dès le début de la partie sur un carré de 8 de Ted Kearly. Reste cinq joueurs à table : Devilfish Ulliott, Jordan Rich, Eugène Katchalov, Ken Rosen, Ted Kearly.

Profondeur de tapis des joueurs

1. Eugène Katchalov - 8 350 000 $
2. Jordan Rich - 6 495 000 $
3. Ted Kearly - 2 070 000 $
4. Devilfish Ulliott - 1 890 000 $
5. Ken Rosen - 1 125 000 $

Ante : 10 000 $            Blinds : 40 000 et 80 000 $

Ken Rosen, 10 de pic et 4 de carreau, jette sa main suivi de Ted Kearly avec roi de trèfle et 5 de pic qui fait de même, Jordan Rich au bouton relance de 220 000 $ avec un 6 et 3 de carreau, Eugène Katchalov colle avec paire de valet et Devilfish Ulliott jette dame de carreau et 8 de trèfle.

8 de pic, dame de coeur et valet de carreau au flop. Rien d'intéressant pour Jordan Rich et Eugène Katchalov touche son brelan. Jordan tente un bluff en relançant de 320 000 $ mais Eugène relance à son tour de 840 000 $. Jordan tente un dernier bluff en relançant de 1 620 000 $ mais il est sur-relancé par Eugène de 2 640 000 $ qui remporte le coup, sans tirage des dernières cartes du flop.

Ce coup est intéressant pour expliquer un bluff qui échoue. Au départ, Jordan Rich rentre dans le mouve tout à fait logiquement avec une petite main à carreau. Il peut espérer une couleur au flop. Voir une petite paire ou une quinte. Même sans tenir compte de la main d'Eugène Katchalov, après le flop, Jordan ne peut plus espérer grand chose. Il peut toujours rêver à une couleur à la rivière ou à une paire mais sa main est vraiment faible désormais et il doit surement pressentir qu'Eugène a une meilleure main que lui. Malgré cela, Jordan Rich n'imagine pas une seconde qu'Eugène a touché son brelan de valet. S'il s'en doutait, il passerait sans hésiter. C'est pour cela qu'il tente un premier bluff en relançant de 320 000 $. Quand Eugène Katchalov sur-relance à 840 000 $, Jordan devrait normalement abandonner le coup mais il est persuadé que son adversaire n'a pas une main très forte. Alors, il tente un gros coup de bluff en relançant de 1 620 000 $. La somme est importante. Jordan vient de miser 28% de son tapis sur cette main mais Eugène avec son brelan ne peut pas laisser passer. Sa dernière relance de 2 640 000 $ est vraiment trop élevée pour Jordan qui ne peut pas prendre plus de risque. Le coup est perdu pour Jordan. Son bluff n'a pas réussi.

Le fait que le coup soit perdu par Jordan Rich ne signifie pas qu'il l'a mal joué. Au contraire, il a bien mené son bluff en misant assez pour laisser penser qu'il avait du jeu. Ses mises auraient dues être normalement suffisamment dissuasives pour que son adversaire possédant une bonne main passe. Simplement, Eugène Katchalov possédait une excellente main que peu de combinaisons pouvaient battre. Le genre de combinaison que la majorité des joueurs n'abandonnent jamais.

Un bluff au poker ne peut donc pas toujours fonctionner même s'il est bien mené. Surtout quand il est confronté à une main de valeur élevée. A l'inverse, un bluff mal joué peut très bien fonctionner si le joueur adverse a une petite main ou si ce dernier apprécie mal le bluffeur.



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